Après plusieurs années de hausse, la part des ventes de logements très énergivores en France semble marquer un tournant. Entre 2021 et 2023, les habitations anciennes classées F et G avaient vu leur proportion augmenter fortement, passant de 11 % à 17 % du marché, sous l’effet notamment de l’interdiction de location des « passoires thermiques » en juillet 2021 et de la modification de la méthode de calcul du DPE. En 2024, cette progression s’est interrompue et a même enregistré une légère baisse de 2 points, se maintenant à 15 % au début de 2025. Cette tendance se retrouve quel que soit le type de marché. Sur le collectif, la part des logements très énergivores a reculé dès 2025, passant de 12 % en 2023 à 10 % au deuxième trimestre 2025. Pour l’individuel, la diminution a débuté dès 2024, pour atteindre 17 % des ventes au même trimestre. Parallèlement, les appartements anciens classés C ont connu une augmentation de leur part de marché, passant de 20 % en 2021 à 28 % au deuxième trimestre 2025, alors que les étiquettes D et E reculaient légèrement, passant de 64 % en 2021 à 57 % en 2025.
Au-delà des volumes, l’impact des étiquettes énergie sur les prix reste déterminant. Plus un logement est performant, plus son prix médian augmente. En 2024, les appartements A se sont vendus en moyenne 16 % plus cher que des biens de classe D, tandis que les B et C affichaient des plus-values respectives de 12 % et 6 %. À l’inverse, les logements très énergivores voient leur valeur fortement affectée, surtout pour l’individuel : une maison ancienne G se vend en moyenne 25 % moins cher qu’une D, contre seulement 12 % pour un appartement. Cette tendance, en progression constante depuis 2021, reflète l’importance croissante accordée par les acheteurs à la performance énergétique. Les variations locales restent toutefois marquées. À Paris, par exemple, la moins-value pour un appartement G atteint -10 %, contre -21 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, soulignant l’impact du marché immobilier régional sur la sensibilité aux critères énergétiques.